Le 26 janvier 1853, le Conseil Municipal de Paris vote une somme de 600 000 francs-or pour l’acquisition d’un collier de diamants destiné à Eugénie de Montijo, espagnole et alors comtesse de Teba, à l’occasion de son mariage avec l’Empereur Napoléon III. La future impératrice refuse :
« Je suis bien touchée d’apprendre la généreuse décision du Conseil Municipal de Paris, qui manifeste ainsi son adhésion sympathique à l’union que l’Empereur contracte. J’éprouve néanmoins un sentiment pénible, en pensant que le premier acte public qui s’attache à mon nom, au moment de mon mariage, soit une dépense considérable pour la Ville de Paris.
Permettez-moi donc de ne pas accepter votre don, quelque flatteur qu’il soit pour moi, vous me rendrez plus heureuse en employant en charité la somme que vous aviez fixée pour l’achat de la parure que le Conseil Municipal voulait m’offrir.
Je désire que mon mariage ne soit l’occasion d’aucune charge nouvelle pour le pays auquel j’appartiens désormais, et la seule chose que j’ambitionne, c’est de partager avec l’Empereur l’amour et l’estime du peuple français. »
Le Conseil Municipal de Paris « vote une somme de 600 000 francs-or pour l’acquisition d’un collier de diamants » destinée à Eugénie de Montijo, espagnole et alors comtesse de Teba, à l’occasion de son mariage avec l’Empereur Napoléon III.
Par un courrier écrit de sa main (voir ci-dessus), la future Impératrice refuse le collier et exprime le souhait qu’avec cet argent, soit créé « un établissement d’éducation gratuite pour jeunes filles pauvres ».
Mariage d’Eugénie de Montijo avec Napoléon III en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
L’Empereur étonne en choisissant une femme en dehors des cours souveraines d’Europe : « J’ai préféré une femme que j’aime et que je respecte à une femme inconnue dont l’alliance eût eu des avantages mêlés de sacrifices ».
Napoléon III et Eugénie forme un couple solide et sincèrement uni.
Mariage d’Eugénie de Montijo avec Napoléon III en la cathédrale Notre-Dame de Paris.
L’Empereur étonne en choisissant une femme en dehors des cours souveraines d’Europe : « J’ai préféré une femme que j’aime et que je respecte à une femme inconnue dont l’alliance eût eu des avantages mêlés de sacrifices ».
Napoléon III et Eugénie forme un couple solide et sincèrement uni.
La somme allouée sert à la construction d’un orphelinat situé sur les dépendances de l’ancien marché à fourrages de la rue du Faubourg Saint-Antoine, dans le XIIème arrondissement de Paris.
En hommage au geste généreux de l’Impératrice, l’architecte Jacques-Ignace Hittorff donne aux bâtiments la forme du collier, dont le salon d’apparat sert de fermoir, et la chapelle de pendentif.
L’institution, confiée aux sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul, ouvre ses portes. Dès sa création, 300 pensionnaires sont accueillies en son sein.
L’âge minimum pour y entrer est de 8 ans et les jeunes filles y restent jusqu’à leur majorité. Réparties en plusieurs divisions, elles apprennent l’orthographe, la lecture, la dentelle, la lingerie, la couture.
A 21 ans, elles reçoivent un trousseau complet et une petite dot qui leur permettent de se marier ou de s’établir à leurs frais.
Dès la création de son œuvre, l’Impératrice vient souvent visiter l’Institution, parfois accompagnée de l’Empereur. C’est en voyant, par une des portes du bâtiment, la chapelle et les bâtiments adjacents qu’un jour l’Empereur dit à l’Impératrice : « Vois donc, Eugénie, comme c’est beau et simple ». La généreuse souveraine répondit en souriant : « Oui, tout est beau et simple ».
« Napoléon, par la grâce de Dieu et la Volonté nationale, empereur des Français
… art. Ier : Est reconnu d'utilité publique, l’établissement fondé à Paris par l’impératrice Eugénie, notre chère et bien aimée épouse en faveur des jeunes filles pauvres et sous la dénomination de maison Eugène Napoléon »